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                   Notre époque moderne voit apparaître beaucoup de nouveautés dans la pratique des médias ou de l’éducation. Les jeunes générations se détournent des voies habituelles, particulièrement dans le domaine de l’apprentissage. A cette époque la tendance de la jeunesse est de ce réfugier vers internet, qui offre de plus en plus de possibilités. Les youtubeurs par exemple prennent peu à peu l’importance qu’avait la télévision ou la radio il y a 50 ans. Pourquoi sont-ils le nouveau média de référence ?

Remarque : lorsque je parle d’une référence dans mes articles le lien est souvent sourcé : j’invite les curieux à s’y intéresser. J’essaie toujours que chacun puisse avoir -selon sa motivation- différentes profondeurs de lecture.

 Billet Youtubeurs - Poste de télévision Youtube - Confession d'un enfant d'Y - Génération Y

L’alunissage de 1969 aurait été bien différent

Un constat d’échec jouant en faveur des youtubeurs

                          C’est une réaction compréhensible pour plusieurs raisons : on voit bien souvent à quel point ces générations sont incomprises par les relais traditionnels. A quel point internet ou le replay permettent de relayer le rendez-vous de 20h à un lointain souvenir. On se rappelle depuis notre enfance la non-fiabilité de certains de ces relais d’ailleurs. Des médias malhonnêtes, trop orientés, ou encore une éducation nationale bloquée au XXe siècle nous donnent ce besoin de liberté d’esprit.

De plus, le paysage télévisuel préfère se séparer peu à peu de toute émission ou animateur sensé. On préfère des Matthieu Delormeau, Cyril Hannouna, Morandini ou tout autre aficionado des cabines à UV. Accro à la dernière histoire de cul d’une star éphémère ou à la musique en kit IKEA prémâchée et prête en 5 minutes. Les émissions voulant traiter d’autres choses que de la dernière MST à la mode peinent à se faire une place. Pire, elles peuvent même être arrêtées alors que l’émission marche. La chaîne dans ce cas comprend que l’inculte est un meilleur consommateur (perte de profits potentiels).

Remarque : Les propos des télé-réalités sont d’ailleurs si affligeants que mis bout à bout on peut en faire un sketch, comme l’ont prouvé Artus et Antonia dans l’émission On ne demande qu’à en rire.

Pourquoi la bêtise est dangereuse dans les médias ?

                      Triste constat pouvant même faire peur. Les gens ayant été laissé relativement seuls/libres durant leur enfance ont beaucoup moins de chances d’aspirer à mieux. C’était mon cas est celui d’une multitude d’enfants. En zappant après les cours on tombait sur des dessins animés ou encore C’est pas sorcier prônant des valeurs ou la curiosité. de nos jours ces enfants tomberont sur une hypersexualisation constante et le tout dans une émission qui ne leur apportera rien pour leur vie future.

Billet Youtubeurs - Télé réalité - Beaufs - Si il y avait un métier de séducteur - Confession d'un enfant d'Y - Génération Y

Et bah je veux pas assister à un entretien d’embauche….

Une France pourtant « sociale » ?

                         C’est paradoxal. Notre société est capable de faire grève chaque jour pour l’égalité des chances, la mobilité sociale ou les frites à la cantine. Pourtant nous laissons sans restriction nos enfants s’engouffrer dans un système figeant la mobilité sociale. Les chanceux encadrés dans une situation stable et/ou avec un capital culturel important ne souffrent pas de la situation. Mais les plus démunis de l’éducation pourront difficilement aspirer à autre chose que leur situation actuelle.

Je ne peux pas m’empêcher de me rappeler Etienne de la Boétie et sa servitude volontaire. On y retrouve ce choix par le peuple d’un état végétatif. C’est à nous de décider ce que l’on veut consommer. Notre carte bleu et l’endroit où se pose notre regard sont des outils de démocratie au quotidien. Si les producteurs voient un manque d’audience pour les émissions nulles, ils arrêteront d’en produire ! J’entends souvent « les médias corrompus » : mais c’est surtout un business. Si un mec commande MacDo tous les jours, il ne va pas se plaindre au magasin d’être gros ?

De la même manière nous avons dans une démocratie le pouvoir de faire changer l’Education nationale. Comment des citoyens peuvent laisser faire ça alors que certains s’offusquent déjà d’une simple scène érotique dans un film. Je pense pourtant sincèrement que le gamin de 12 ans qu’ils prétendent protéger a plus de chances d’allumer la télé que de décider d’aller voir La Vie d’Adèle entre deux bols de Chocapics.

A voir : vidéo de InThePanda sur la censure cinématographique qui met en danger le 7e art.

Sexualisation (avec finesse bien sûr…)

                    Par ailleurs, quand on lit des articles sur le sujet comme celui-ci dans 20 minutes, on nous parle très souvent de la conscience de la fiction par les jeunes. Je ne vais pas rentrer profondément dans le débat car ce serait bien trop long. Je dirais pourtant que je ne suis pas certain du tout de la capacité de TOUS les enfants et adolescents à comprendre ce côté fictionnel.

Bien sûr l’enfant chanceux familialement le sera, mais que fait-on des autres ? Par ailleurs on ne met pas des gosses devant une émission où la dernière salope niçoise traite de fils de p**** un Jean-Kevin qui passe. Surtout que celui-ci à toutes les chances d’arborer -bol de Benco en main- un boxer modèle « poutre apparente » !

Attention je ne suis pas un défenseure de la pudeur (très loin de là même… si vous saviez…) ! Je dis simplement que à 8-15 ans il y a des activités plus intéressantes. Par ailleurs si on veut comprendre la sexualité (importante période à cette âge) ce n’est sûrement pas en regardant un trentenaire des Anges qu’on devrait le faire.

Remarque : doublement pardon aux Jean-Kevin qui pourraient lire ceci, d’abord pour la prise de votre prénom en exemple mais aussi et surtout pour le mauvais goût de vos parents.

Même dans un milieu -fait pour être subversif au départ- comme le rap on retrouve des gens conscients du phénomène. Le rappeur La Fouine expliquait que les réseaux sociaux devraient être interdits aux mineurs, et que lui-même protégeait sa fille de ça (vidéo ici). On retrouve aussi dans une interview le rappeur Booba dire que sa fille aura le droit d’écouter ses musiques mais uniquement lorsqu’elle aura l’âge pour comprendre la part de fiction.

La fiction a des répercussions bien réelles

                  « C’est du divertissement, il ne faut pas prendre ça au sérieux ». Voilà une phrase type que l’on entent partout. Dans l’extrait ci-dessous c’est encore mieux : la mère de Giuseppe Polimeno nous dit que les gens n’ont pas toujours envie de se « prendre la tête« . Son fils serait l’homme le plus instruit au monde s’il investissait autant d’argent dans son éducation que dans ses crèmes et gels coiffants. Vidéo jusqu’à 1 mn 42 pour comprendre l’exemple.

« On ne veut pas toujours se prendre la tête » – La débilité incarnée

                      Brièvement, des conseils de vie venant de cette femme je pense m’en passer et je le vis assez bien. Son fils est actuellement totalement instable sentimentalement. Somme toute pervers narcissique, il a aussi été condamné pour violences conjugales (source : cet article). Toujours est-il que cette brillante mère met le doigt sur un nouveau phénomène de société : « intelligent » ça veut dire fatiguant.

Un basculement récent ?

                     Je ne sais pas à quel moment ça c’est produit, et c’est pour cela que je suis très content que la réponse vienne d’Alexandre Astier. Il est l’un des exemples modernes (comme Alain Chabat) que l’on peut faire du divertissement sans faire de l’avilissant. Sa série Kaamelott -créée en 2005- jouait sur un humour simple et percutant dans un format court. Mais le tout était loin d’être stupide et de nombreuses fulgurances d’écritures nous montraient les différents degrés de lecture possibles. Si ça vous amuse vous pouvez trouver le court-métrage « dies Irae » en cliquant ici qui était la première version de ce qui deviendra Kaamelott une fois sur M6.

Alors ces générations que devraient-elles faire ? On leur propose de s’abrutir devant une émission où l’on va foutre des pâtes dans le caleçon d’un chroniqueur (lien) en trouvant ça hilarant, ou de saigner des neurones en écoutant sur France Inter un chroniqueur « gauche caviar » ayant oublié que son diplôme du cours Forent ne le dédouanait pas de faire l’effort d’un peu de connaissance en économie. Ils font leurs chroniques pour un cercle d’initiés et savent bien que ce n’est pas parce qu’ils parlent des plus démunis qu’ils sont écoutés par eux. C’est donc la preuve que beaucoup trop de programmes oublient que leur but premier devrait être de propager la connaissance.

Les youtubeurs sont la réponse de la jeune génération aux médias 

                        Du coup, ces générations ont utilisé leur moyen : internet. On a assisté à l’essor de blogs, de vlogs (blog en vidéo), de youtubeurs , de forums etc… Alors que ma grand-mère aura le réflexe de chercher une recette dans un livre de cuisine, j’irais sur internet. Alors que ma mère cherchera un documentaire sur une chaîne de TV, j’irais sur YouTube. C’est ainsi que nous avons peu vu apparaître des vulgarisateurs. Des youtubeurs « Monsieur tout le monde » qui, comme tout le monde, on voulut partager leur « savoir critique ». Ils ont voulu partager leur connaissance et leur passion sur un type de sujet. Certains parlent de Psychologie, d’Histoire ou encore de Sciences, d’autres préfèrent partager leurs connaissances sportives ou encore leur admiration pour un personnage. Le phénomène prend tellement d’ampleur que depuis 2015 l’ENS Lyon organise la conférence Vulgarizators –disponible ici… sur YouTube- en invitant différents youtubeurs de ces nouveaux médias.

Un goût pour financement participatif 

                        La révolution vient aussi du financement de ces nouveaux médias. La publicité possède une mauvaise image et/ou n’est parfois pas suffisante pour faire vivre les youtubeurs. La communauté internet ne pardonne pas. Si elle trouve un vidéaste faisant une vidéo sponsorisée sans avoir prévenu sa communauté celui-ci peut perdre des milliers d’abonnés ! Pour toutes ces raisons éthiques et financière, un certain nombre de youtubeurs appellent à la générosité de leur public.

Le lien entre les abonnées et ces youtubeurs est très puissant ! Ainsi grâce à des plateformes comme Tipeee, chacun pourra donner un tip au créateur de contenu. Il finance ainsi ses projetsLa page Tipeee de Usul (vidéaste politique) est l’une rapportant le plus avec près de 9500€ collectés par épisode. Cet engouement particulier en réalité explicable : ces vidéos demandent beaucoup de travail (recherches, montage, écriture etc…) car elles sont particulièrement longues et denses (de l’ordre d’une trentaine de minutes par épisode minimum), donc plus contraignantes à produire. Par ailleurs, le système est donc désavantageux pour lui car son nombre de « vues » total est moins important que d’autres (moins de vidéos).

Pourtant, le classicisme n’est pas mort

                            Ce que l’on remarque aussi c’est que ces youtubeurs restent tous enclin à un retour aux classiques. La plupart ont bien conscience que leur support actuel ne leur permet de toucher qu’une petite partie de la population. Pour l’instant principalement les 15-30 ans (ce qui va changer rapidement).

Ainsi, bénéficiant d’une audience plus importante ils peuvent maintenant aller très facilement poser leurs énormes testicules neuves sur la table de ces mêmes éditeurs qui les auraient probablement refoulés quand ils n’étaient des des curieux incompris. Ils peuvent assurer grâce à l’engouement qu’ils suscitent un nombre de ventes significatif rendant une publication financièrement solvable. Il continue donc leur projet en touchant un plus large public et en créant toujours plus de contenu.

Et c’est peut-être la solution !

                           On nous parle continuellement de l’avenir dans les médias justement. Il fait peur en réalité : radicalisation, chômage etc… La jeune génération a de quoi appréhender le futur. C’est en cela que ce phénomène peut être une partie de la solution.

Au niveau qualitatif ils peuvent être l’électrochoc : le Uber des médias. Ils peuvent obliger la télévision et la radio à revenir très rapidement sur les désavantages qu’on leur trouve. Ainsi les chaînes TV sont passées au replay, et on peut espérer que ça continue avec la fin de la télévision spectacle. Quand la télévision actuelle aura dégoûtée trop de monde ce sera possible. Mais cette espoir existe bien et est plus probable que l’inverse (une propagation des problèmes TV à Youtube). Ce qui est sûr c’est que cette TV 2.0 diffusera un flux -comme actuellement- mais jouera principalement la VOD. Les chaînes seront des producteurs à temps plein, plus des sélectionneurs. C’est d’ailleurs ce qu’à compris Canal + en investissant dans beaucoup de format court qu’ils diffusent sur les deux plateformes (TV et Youtube).

Par ailleurs au niveau économique notre monde tend de plus en plus vers le monde des entrepreneurs. Les youtubeurs sont des entrepreneurs ! C’est dans l’air du temps : les jeunes veulent de la liberté, de l’indépendance, veulent vivre des expériences nouvelles. L’entrepreneuriat répond à cela, mais pour créer des entrepreneurs les ingrédients sont spéciaux ! Un cerveau qui marche bien, une vie qui donne la niak, de la culture dans le biberon, de la curiosité sans failles, une passion pour le moderne et des cojones énormes !

Remarque : ce principe entrepreneuriat basé sur le partage de connaissance rentre parfaitement dans l’économie de la connaissance prônée par Idriss Aberkane

Tout n’est donc pas perdu, soyons optimistes pour l’avenir

                   Vous mixez le tout et vous sortez un Marc Simoncini, un Xavier Niel ou un Chris Gardner. Et vous le voyez peut-être mais la curiosité, la culture, le moderne : on est parfaitement dans le phénomène des vulgarisateurs remplaçant les médias ! Ajoutez à cela que l’entrepreneuriat est la solution connue pour que la France continue d’être compétitif face aux USA, la Chine ou l’Angleterre et on voit directement que ce phénomène est une aubaine !

Ainsi ces youtubeurs ne sont probablement que le fruit d’un changement de société que l’on se doit d’accepter et de comprendre afin d’en tirer un maximum de bénéfices. En acceptant la nouveauté notre société garantit sont futur : tâchons de ne pas le noircir bêtement…


Prenez le temps d’y réfléchir, parlez en autour de vous car les solutions existent et elles n’attendent que nous !


Prenez le temps d’y réfléchir, parlez en autour de vous car les solutions existent et elles n’attendent que nous !


« Je suis souvent perdu dans mes pensées, vous les trouverez ici. »

Etienne

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