post

                      La « génération Y » désigne les personnes qui ont vu le jour entre les années 1980 et le milieu des années 1990. En anglais on les surnomme parfois les digital natives car ils sont nés en pleine expansion du numérique. Ils sont le casse-tête complexe que le milieu professionnel tente de résoudre tant bien que mal. Comment manager des personnes ne répondant plus aux mêmes aspirations ? En effet nous possédons les travers et les bienfaits de notre époque. Nous sommes autant entreprenants que désabusés, aussi curieux qu’impatients. Ce sont là les conséquences de notre milieu de vie auquel nous nous nous sommes adaptés (fin du plein-emploi, avènement d’internet etc…).

Je vous propose ma vision de la génération Y, elle n’a pas valeur de modèle mais elle est celle d’un tardif de la génération Y. Elle est celle d’un entreprenant au parcours scolaire chaotique, très représentatif d’un stéréotype sur certains aspects. Puisque personnel, je ne prétends pas détenir de vérité absolue. Je comprendrais que votre avis diverge et dix verges, c’est énorme. Si vous n’êtes pas de la génération Y, vous aurez l’occasion de voir à travers mes yeux. Si vous êtes une génération Y, vous pourrez me dire si mon analyse vous convient.

Remarque : lorsque je parle d’une référence dans mes articles le lien est souvent sourcé : j’invite les curieux à s’y intéresser. J’essaie toujours que chacun puisse avoir -selon sa motivation- différentes profondeurs de lecture.

Page Génération Y Qui est la génération Y Pete Doherty Film La Confession d'un enfant du sièce

Confession d’un enfant du siècle – Alfred de Musset – Film avec Pete Doherty

Confessions d’un enfant d’Y

  • J‘ai appris plus par internet qu’en cours. Et il m’arrivait donc parfois de passer plus de temps sur internet qu’en cours… Avec le temps j’en suis venu naturellement à la lecture, à mon rythme et sans une prof dépressive pour me crier dessus de le faire.
  • Mon monde a été beaucoup moins basé sur la religion ou la famille. Je voyais au quotidien cohabiter la religion et l’athéisme. Je voyais aussi ma famille dissoute tout en observant celle unie d’un ami d’enfance, désacralisant peut être cette institution qu’est le mariage. J’ai peut-être eu de cette manière un jugement moins basé sur la morale judéo-chrétienne, plus libre que mes prédécesseurs.
  • J‘ai été très libre dans mon éducation. Plus que mes parents l’ont été. Peut-être étais-ce une conséquence du recul des institutions dont nous parlions : l’éducation par des baby-boomers. Toujours est-il que l’on m’a laissé faire mes conneries jusqu’à ce que j’en épuise l’envie, et j’ai plus jeune été adulte sur certains sujets tandis que je restais grand enfant sur d’autres.
  • J‘ai détesté qu’on me traite comme un gosse. Alors que je semblais voir des choses que les adultes ne voyaient pas. J’eu ainsi un fort besoin de reconnaissance et d’accomplissement. Comme tous les ados me direz-vous ? La différence je pense est de l’avoir été dans un monde me permettant plus facilement de faire ce qui me passait par la tête.
  • J‘écoutais dans la voiture le rock de mon père, le classique de ma mère, et  le rap de mes amis. Dans mon éducation, le réquisitoire de Desproges et la présentation de Moncuq par Prévost se mélangeaient à l’humour de FaryJimmy Carr ou encore Michael Grégorio. Je lisais le Largo Winch de mon grand frère, mais c’est ma passion pour un domaine ou un autre qui m’amena naturellement vers les livres. Je regardais la télévision en rentrant de ‘école. « C’est pas sorcier » était une habitude. Je suis donc né dans un monde où l’information est rapide et les possibilités nombreuses, c’est peut-être de là que vient une partie de mon impatience d’ailleurs.
  • J‘ai voulu grandir au plus vite. Pour enfin vivre comme mes modèles le faisaient, de James Bond à l’inconnu dont je suivais la vie sur internet en passant par l’habituel membre de ma famille. Et j’ai vite compris que mes projets personnels seraient d’une grande aide dans cette quête. J’en ai donc fait beaucoup pour espérer « faire comme Zuckerberg ou Gates !« . Car ma génération a fortement été bercé par ce rêve entrepreneurial.
  • Je n’ai jamais rêvé d’un labrador et d’un « CDI bureau ». Mon rêve est un petit appartement dans une ville agréable tout en passant la moitié de mon temps à parcourir le monde. Un peu comme lors de minis-retraites à la Tim Ferriss !
  • J‘ai été témoin d’un monde plus tolérant. La plupart de mes influences luttaient contre l’homophobie, le racisme, prônaient une vie saine dans un monde plus propre. Dans ma jeunesse, les pubs pour l’alcool et la cigarette ont été interdites et les audiences d’une émission présentant un mec qui pleure pour avoir raté son aubergine n’ont jamais été plus hautes !
  • J‘ai été chercher sur Doctissimo. La source de mon mal de gorge et j’y ai découvert avoir un cancer des testicules en phase terminale… Parce que oui, j’ai eu intérêt au vu du nombre de sources que j’avais à entraîner mon esprit critique. Serait-ce une des raisons de ma facilité à remettre l’autorité en cause ? Pourquoi le plus sage serait-il forcément le plus vieux ? Un dicton dit d’ailleurs que « le pire con est le vieux con, car on ne peut rien contre l’expérience ».

Que retenir de cette génération Y ?

         En réalité, je pense avoir eu les mêmes aspirations primaires d’affirmation et d’accomplissement que la plupart des jeunesses. Je pense par contre les avoir eus plus tôt, ou avec des extériorisations différentes. Mon monde fut différent en même temps ! Ce fut un  monde constamment en mouvement et m’offrant des options toujours plus nombreuses.

J’ai évolué dans un monde où la scolarité n’est qu’un outil à ses projets mais plus le symbole de la réussite ou de l’échec. Mes valeurs ne m’ont plus été principalement léguées par mes parents ou mon école. J’ai expérimenté que « jeune » ne rime pas avec « incapable ». J’ai eu la possibilité d’avoir des influences très variées en accès direct et rapide. Un monde plus ouvert socialement, politiquement et culturellement.

Après oui, mon monde aussi a ses défauts

Ma génération a été mal comprise par les générations précédentes comme c’est souvent le cas.

                          Critiquant mon rap en oubliant leur rock, critiquant mon auteur subversif en oubliant le leur, et cherchant à m’interdire ce qu’il m’incita à faire. Le problème est peut-être que cette perte de soutien s’additionne à une perte de repères auquel on nous prépare. Par exemple, l’école n’a pas évolué fondamentalement entre le moment où l’on cherchait de la main-d’oeuvre d’usine et maintenant où l’on veut des têtes pensantes. Partant de cela, il est normal que des problèmes se posent.

L’information toujours plus rapide et massive me perdit parfois. 

                        Il m’a été nécessaire de travailler mon esprit critique pour ne pas me perdre. Ma société avait deux vitesses : ceux qui étaient dans le trains et les laissés pour mort. Perdus depuis bien des années ils allèrent (et vont encore) se réfugier dans les bras d’un populiste qui dira comprendre leur désarroi.

La bataille entre progressistes et conservateurs n’a jamais été aussi cruciale.

                 Que garder, que jeter, que protéger à tout prix dans un monde allant aussi vite ? Comment réussir à faire les bons choix quand ils sont faits par des formatés de l’ancienne méthode ? Ils sont inadaptés sur beaucoup de nouveaux terrains. Ils n’ont pas été programmé pour un « think outside the box » comme les enjeux actuels nous obligent à le faire.

Mais nous ne sommes pas morts. 

                     Je pense profondément que ces quelques problèmes typiques ne sont rien face à l’immensité des possibilités offertes ! Car malgré ça je vois surtout qu’ils sont tous gérables, et ce malgré ma nature plutôt pessimiste. La génération Y -et la Z qui suit- peut être celle qui apporte la nouvelle vision nécessaire. On sent déjà dans certains domaines – dans notre économie par exemple – ce renouveau arriver : on consomme différemment, on se déplace différemment.

Des idées incroyables et des visions révolutionnaires émergent.

                    Il suffit de parcourir brièvement les bons endroits d’internet – et j’espère que ce blog en fait partie – pour trouver des perles ! Par exemple, comment voyez-vous la société en 2033 ? Et bien à l’heure de la dématérialisation de l’économie et de la volonté d’indépendance, Albert Meige a peut-être réussi à décrire ce que sera notre futur.

Manifeste d’un (peut-être) futur vieux con – Génération Y

                            Je vous souhaite sincèrement d’utiliser au mieux toutes ses nouvelles possibilités et de ne jamais oublier que l’on deviendra des vieux cons uniquement si l’on arrête d’apprendre.

Rappelez-vous que l’ouverture d’esprit, l’empathie et l’adaptation sont des pré-requis.

                           Notre monde ne risque pas de ralentir dans son évolution. Rappelez-vous aussi que notre génération devra trouver des solutions aux problèmes que poseront les générations suivantes. On se permet pour l’instant de critiquer, mais si l’on a intérêt à faire mieux nous-même !

Je m’inquiète déjà d’oublier ça, et je m’oblige à des introspections méticuleuses !

                            Il m’arrive de me demander : « si je ne comprends pas cette mode, est-ce parce qu’elle est vraiment ridicule ou parce que je commence à trop me reposer sur des pseudos-certitudes ? ». Dernièrement par exemple la question s’est posée quand je comparais mon avis sur l’émission avec les audiences de Hanouna. Le verdict me rassura un peu, il se trouve que j’ai encore le droit de trouver ça débile tant que je n’emmerde pas tout le monde avec. Et pourtant il m’arrive -je confesse- de laisser échapper un « vous imaginez l’exemple pour la jeunesse !? ».


Merci !

Je remercie particulièrement mon ami Luc de Leyritz pour nos nombreuses conversations (sur la génération Y mais pas que) à l’origine de beaucoup de mes articles. Il m’a apporté ses conseils avisés, son avis extérieur et son soutien amical. Il est l’essence même du meilleur de notre génération : un bourreau de travail inspirant et ouvert d’esprit. Cela ne m’étonnerait pas que vous entendiez parler de lui dans quelques années.

N’hésitez pas à poser vos questions en commentaire (ou par message), j’y répondrais et je publie les plus intéressantes dans la rubrique ci-dessus.


Prenez le temps d’y réfléchir, parlez en autour de vous car les solutions existent et elles n’attendent que nous !


« Je suis souvent perdu dans mes pensées, vous les trouverez ici. »

Etienne

Réseaux sociaux de CEY, pour ne manquer aucun article : Facebook Instagram Twitter.


Alors, m’avez vous compris assez pour m’accepter tel que je suis ?  

Réponses aux questions reçues – Génération Y

1) Pourquoi ai-je écrit d’un point de vue personnel ?

                          Je suis forcément subjectif et il est normal -au vu de l’étendue d’une génération- que ma vie de borderline avec la génération Z, soit différente de la vie d’un précurseur des Y. C’est donc simplement par honnêteté. On veut souvent généraliser les comportements mais il est bon de rappeler que chaque individu est différent.

2) Le besoin de reconnaissance professionnelle des Yers est-il réellement différent des anciennes générations avec l’image du patron tout-puissant ?

                     Il est vrai que l’une des spécificités à propos des anciennes générations est la forte image du patron. Il était un membre  intégrant de la vie d’une personne. Où est donc la spécificité ?

Je pense qu’elle se trouve dans la subtilité de la manière. Notre génération cherchant quasi continuellement l’épanouissement personnel et l’indépendance. Elle est probablement plus heureuse que son employeur reconnaisse ses qualités d’individu plutôt que son obéissance et son dévouement inconditionnel. La félicitation venant de son boss est peut-être plus amicale que patriarcale et l’on retrouve dans cette idée le besoin d’accomplissement et d’épanouissement. (Vous avez dit « tuer le père » ?)

Verbalement parlant d’ailleurs, le terme de « patron » est de plus en plus péjoratif. Il sous-entend souvent une autorité brutale à l’image d’un maître sur son esclave. Je sais que mes mots sont forts mais n’est ce pas l’idée sous-jacente de beaucoup des personnes l’utilisant ?